Passions · 5 novembre 2026 · 3 min de lecture

Du ZX81 à Fedora : quarante ans de claviers

Tout a commencé en 1985, avec un Sinclair ZX81. Un petit boîtier noir, un clavier à membrane sur lequel chaque touche portait trois ou quatre mots-clés, et un kilo-octet de mémoire. Pas un mégaoctet : un kilo-octet. On branchait la machine sur le téléviseur, et on apprenait.

ZX81

Basic et assembleur Z80

Les premiers programmes étaient en Basic interprété, ligne par ligne, numérotées de dix en dix pour pouvoir en glisser d'autres entre deux. Puis vint l'assembleur Z80, parce qu'avec si peu de mémoire et un processeur aussi modeste, c'était le seul moyen de faire vraiment ce qu'on voulait de la machine.

On n'oublie pas cette école-là. Quand chaque octet compte, on apprend ce que fait réellement un ordinateur, sous toutes les couches qu'on empilera ensuite par-dessus.

L'Amstrad PC1512 et le langage C

En 1991, changement de monde avec un Amstrad PC1512 : un vrai compatible PC, MS-DOS, et la découverte du langage C. Un langage proche de la machine, comme l'assembleur, mais qui permettait enfin d'écrire des programmes lisibles et portables.

Puis le premier PC avec un disque dur, et une imprimante. Ce qui paraît banal aujourd'hui changeait tout : les programmes et les données restaient là d'une séance à l'autre, et ce qu'on produisait pouvait sortir de l'écran. Ce furent les années Pascal et TurboBasic.

1920px Dos with Norton Commander

1997 : la GPAO et les grosses bases de données

En 1997, l'informatique devient mon métier à plein temps : je deviens consultant en GPAO, la gestion de production assistée par ordinateur. C'est là que je découvre les grosses bases de données, avec Oracle, puis quelques années sur SQL Server et en C++.

Changement d'échelle : on ne programme plus seul pour une machine, on travaille pour des usines dont la production dépend des données qu'on manipule. La rigueur prend un autre sens.

1998 : Red Hat Linux 5.2

L'année suivante, en 1998, je découvre Linux avec Red Hat Linux 5.2, nom de code Apollo. Je ne l'ai plus quitté depuis.

Aujourd'hui encore, ma station de travail tourne sous Fedora, héritière directe de cette lignée, et mes serveurs sous Rocky Linux, compatible avec Red Hat Enterprise Linux. Près de trente ans plus tard, la famille est la même.

2004 : le web

À partir de 2004, place aux développements web : les langages du web et MySQL. Les applications ne s'installent plus sur chaque poste, elles vivent sur un serveur et s'ouvrent dans un navigateur.

Depuis 2010 : SaaS, Python, Rust et l'open source

Depuis 2010, ce sont surtout des applications SaaS. Avec elles sont arrivés Python, devenu mon outil de tous les jours, Rust, et les bases de données open source PostgreSQL et MariaDB.

La boucle est presque bouclée : après Oracle et SQL Server, ce sont des logiciels libres qui font tourner mes projets, sur des serveurs Linux libres eux aussi.

Pycharm

Ce qui n'a pas changé

En quarante ans, la mémoire a été multipliée par plusieurs millions, les cassettes sont devenues des disques SSD, et le Basic à numéros de ligne a laissé la place à des langages que personne n'imaginait en 1985.

Mais le clavier est toujours là, le terminal aussi, et la curiosité ne s'est pas usée. C'est d'ailleurs à elle que ce blog doit d'exister.